Hide Custom: back to basics

Par Julien Lahaye. Article publié le 17/04/2019.

Des motos brutes, au style résolument rock’n’roll, c’est ce que vous trouverez en poussant les portes de Hide Custom. Ici, pas question de faire de la série, chaque bécane se veut unique!

La personnalisation des motos est à la mode. Les constructeurs l’ont bien compris et rivalisent d’ingéniosité pour proposer de multiples déclinaisons de leurs modèles, à l’aide de catalogues d’accessoires aussi gros que des encyclopédies. Il faut dire que la customisation est un véritable business, marketing oblige.

Du moins à cette échelle. Maxime Ingelrest, fondateur de Hide Custom, a opté pour un choix différent. Ici, tout se fait à la main et on ne compte pas ses heures, quit à devoir diversifier ses activités pour se verser un salaire! Car oui, vivre de sa passion implique des sacrifices.

Max s’est tourné vers la moto après des études en moteur thermique. Bien que plus rentable, le secteur automobile demande énormément de moyens, de place et de savoir faire. “De plus, nous sommes extrêmement limités en belgique” confie-t-il. “La moto permet une plus grande liberté… pour l’instant du moins!”

L’aventure Hide Custom a commencé il y a une dizaine d’années. A la sortie de ses études, Max entreprend la rénovation d’une vieille Suzuki. Le résultat n’est pas parfait, les erreurs de débutant sont nombreuses, mais cette première expérience le convainc de retenter l’expérience. Il s’attaque alors à une Honda Dominator et la rend méconnaissable. C’est la révélation!

Face à la réalité

Il décide alors de s’installer dans le fond d’un petit garage et apprend sur le tas. Il conçoit plusieurs modèles et affine son savoir-faire. Séduit par la liberté qu’offre cette activité, Maxime rêve de plus grand. Il tente alors de mettre son projet en place, sous la tutelle de la Fondation Roi Baudouin. “L’idée était d’ouvrir un établissement qui intègrerait un atelier, un café et un magasin de vêtements. Une étude de marché a été réalisée mais je me suis vite heurté à la réalité économique… L’investissement était colossal. Je me suis donc contenté d’un petit atelier où je pourrais faire ce que j’aime le plus au monde: modifier des motos.”

Une nouvelle fois, il doit faire face à la réalité. Le custom en général, et en Belgique en particulier, représente un marché de niche. Les clients sont intéressés, mais beaucoup rebroussent chemin lorsqu’ils se rendent compte du coût qu’une transformation demande. Maxime décide donc de diversifier ses activités mais toujours dans le même esprit: sublimer ce dont personne ne veut pour en faire des objets d’art. C’est le concept de ressourcerie moderne.

Entre passion… et raison

Maxime, aidé de sa compagne, investit donc le secteur de la décoration. Une activité clairement plus rentable, qui lui permet de dégager un petit salaire et de payer le loyer de son atelier afin de continuer à faire ce qu’il aime par dessus tout: créer des motos selon ses propres règles. “J’aime créer des choses que l’on ne trouve pas ailleurs. Travailler sur une moto me permet de donner vie à des visions très personnelles. Je veux toujours obtenir un résultat exclusif, quelque chose de différent que l’on ne retrouvera chez personne d’autre.” déclare Maxime.

“Les marques sont de plus en plus présentes sur le segment de la personnalisation, mais quoi que vous achetiez, ça restera du “grand public”. Mes motos ont un style très particulier, très rock’n’roll, avec de la patine. J’aime les matériaux bruts et j’aime travailler sur des motos qui ont une âme, qui ont un vécu. Je conçois des motos visuellement cohérentes, elles ne sont pas faites pour partir en vacance… Ce sont des purs objets de plaisir.”

Un processus complexe

La conception d’une moto personnalisée débute avec un long échange avec le client. “Il faut être capable d’identifier sa personnalité, ses goûts, ses inspirations…” confie Maxime. Sans oublier d’aborder le sujet qui fâche: le budget! Car oui, comme vous vous en doutez, se faire construire une moto à un coût et il faut être conscient de l’énorme travail que cela représente.

Pour autant, pas besoin de s’appeler Crésus. Une moto, pour autant qu’elle soit en bon état mécanique, peut se voir offrir une petite cure de jouvence comprenant une selle personnalisée, un réservoir, une fourche rabaissée et des pneus sympas pour un millier d’euros. Et forcément, plus le budget augmente, plus les pièces peuvent être travaillées et de qualité.

Je ne vais pas vous l’apprendre, équiper une moto avec du Beringer par exemple, fait inexorablement monter la note. Le budget maximum est quasiment sans limite puisque tout est possible, mais disons que pour 10.000€, le client pourra obtenir une moto très bien équipée qui aura été travaillée jusqu’au dernier écrou, et qui, chose extrêmement importante pour Max, lui ressemblera totalement, tout en ayant le style caractéristique de Hide.

“Mes concepts partent d’une ligne étudiée avec le client. J’ai tendance à partir du réservoir pour ensuite imaginer sa prolongation et j’obtiens ainsi la silhouette globale de la moto. Je modifie le châssis en fonction de la ligne que je souhaite obtenir. Cela me permet alors de visualiser le style global que je donnerai à la machine. Une grosse partie du travail consiste également à trouver les pièces qui seront les plus adaptées au look que je veux donner à la moto. Par exemple, je peux visualiser le phare parfait qui complètera l’ensemble. S’ensuit alors un long travail de recherches parmi les pièces neuves ou d’occasion. Je peux les trouver sur des sites d’annonces, chez des marchands, dans des bourses, ou même en démolition! Pour la selle, je confie le travail à Arnaud Lelubre, de La Sellerie.be, un artisan passionné qui a de l’or au bout des doigts. Nous avons la chance de compter beaucoup d’artisans chevronnés dans notre pays et j’aime les mettre à l’honneur.

Un parcours du combattant

Se faire une place dans un marché de niche est difficile pour tout le monde. La moto n’échappe pas à cette règle et la customisation encore moins. Les indépendants devant quotidiennement faire face aux multiples charges le savent mieux que quiconque. Une difficulté supplémentaire est d’arriver à se faire connaître. Un challenge pour un petit artisan. “Le meilleur moyen de se faire une clientèle est d’être présent sur les grands événements de la scène custom. Événements quasiment inexistants en belgique. Il faut donc viser les salons étrangers, mais on ne peut se permettre d’y présenter des motos “basiques”. Les préparations doivent être véritablement hors-normes pour être dignes d’y être présentées. Cela représente un investissement colossal qu’il est presque impossible de se permettre.

On pourrait donc penser que la solution de facilité consisterait à utiliser les réseaux sociaux. Ceux-ci permettent effectivement de toucher énormément d’amateurs, principalement à l’international mais très peu d’entre-eux se muent en clients. Vous l’aurez compris en lisant ces lignes, plus qu’une éventuelle rentabilité, c’est la passion qui anime Maxime. Une passion que l’on retrouve dans ses réalisations et qu’il ne manquera pas de vous communiquer si vous décidez un jour de pousser les portes de l’atelier Hide Custom!

Pour en découvrir plus, consultez la page Facebook et le compte Instagram de Hide Custom.


 

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