Essai Kawasaki Z125: le pied à l’étrier

Par Julien Lahaye. Article publié le 23/12/2019.

Porte d’entrée vers le monde de la moto pour les plus jeunes ou solution de mobilité pour automobilistes en quête de liberté, le segment 125cc a de quoi séduire. Et de séduction, il en est question avec la Kawasaki Z125 et son look de grande! Mais est-ce vraiment suffisant? 

Avec des cotes moteurs imposées sensiblement similaires (11kW), les constructeurs se doivent de rivaliser d’ingéniosité pour tenter de séduire le chaland. En provenance directe de l’un des constructeurs les plus importants, la Kawasaki Z125 ne fait pas exception à la règle et entend valoriser son propriétaire grâce à sa finition exemplaire et à son design de grande. De quoi justifier, du moins en partie, un écart tarifaire pour le moins important comparé aux constructeurs plus modestes. 

Passons donc en revue cette Z125! En statique, la baby Z en impose. On retrouve avec plaisir la ligne “Sugomi” propre à ses grandes soeurs ainsi qu’un cadre treillis tubulaire rappelant, lui aussi, les dotations présentes sur les modèles de plus grosse cylindrée du constructeur vert.

On retrouve également cette filiation dans la ligne de la machine: grosses écopes de radiateur, style trapu et boucle arrière effilée sont de mise. Une approche judicieuse lorsque l’on sait que le look est un élément déterminant lors de l’achat d’une moto! 

Ergonomique

Niveau look, notre machine du jour en rajoute une couche puisqu’elle est équipée du Pack Performance. Ce dernier propose un capot de selle, des pare-chutes et un échappement Arrow du plus bel effet. Plutôt valorisant! 

Trêve de bavardages, il est temps de se mettre en selle! Et comme c’est souvent le cas avec les 125, je suis tout d’abord frappé par la finesse de l’ensemble. Bien que la hauteur de selle culmine à 815mm, cette finesse ressentie sur l’assise mettra assurément tous les gabarits à l’aise. Toutefois, si vous en éprouvez le besoin, sachez qu’il est possible d’adapter la machine à votre morphologie grâce à la selle Ergo-Fit permettant un abaissement de -25mm. 

Coup de démarreur, le petit monocylindre développant 15ch se met en marche et distille une agréable sonorité relevée par cet échappement Arrow. Le bloc LCD compact mais toujours lisible propose un compte-tours, une jauge à essence à gauche, Trip A, Trip B, et une horloge. Pas de rapport engagé, ni de température moteur. Dommage. 

Dès les premiers mètres, je ressens une réelle agilité. La petite Z et ses 146kg se mènent du bout des doigts et j’ai vraiment l’impression d’évoluer au guidon d’un gros vélo! La position de conduite, typée roadster, se révèle très confortable. Le buste est légèrement basculé sur l’avant, mais en aucun cas les poignets ne sont mis en contrainte. Le guidon tombe parfaitement dans les mains et, malgré un gabarit plutôt contenu, les genoux sont eux aussi bien placés. Le dessin du réservoir permet de faire corps avec la machine et je ressens une véritable liaison avec la petite Z. 

À la cravache!

Cette moto se destinant principalement à un usage urbain, c’est par la ville que j’entamerai cet essai. Les fêtes approchent à grands pas, la circulation est dense. L’occasion rêvée pour profiter de l’étonnante agilité de cette Z125. Se faufiler parmi ce flot de voitures est un réel plaisir! Le remonte file n’est qu’une formalité et j’apprécie des rétroviseurs placés juste au-dessus de ceux des autres véhicules. Revers de la médaille, ils ne permettent qu’une vision très limitée, la majorité du miroir étant monopolisée par les épaules. 

Je continue mon périple urbain et profite de la douceur des commandes et de la boîte de vitesse. Bien que les leviers ne soient pas réglables en écartement, l’embrayage se révèle très facile à doser et ne perturbera certainement pas les débutants. Même constat pour le freinage, très progressif tant à l’avant qu’à l’arrière.

Si la ville est l’élément de prédilection de cette petite Z, elle se doit d’être capable de vous emmener également sur voie rapide. Un passage sur la E40 sera l’occasion de vérifier ses prétentions à “haute vitesse”. Enfin, haute-vitesse… tout est relatif: 105km/h compteur à plat, 116km/h max en descente. Un peu léger pour se sentir en sécurité, d’autant plus que la Z peine à l’amorce des côtes et voit sa vitesse diminuer drastiquement. Mieux vaut donc anticiper les dépassements! 

Au vu de ces piètres performances, je décide de quitter l’autoroute afin de profiter pleinement de ce que cette Z125 a à offrir: une agilité hors-pair. Sur les petites routes, la Z virevolte véritablement d’un virage à l’autre, bien aidée par des suspensions efficaces offrant un bon compromis entre confort et retour d’informations au pilote. Les changements d’angles sont un véritable régal mais il faut toujours veiller à garder le petit monocylindre haut dans les tours afin d’en exploiter tout le potentiel. On passe donc son temps à “tricoter du sélecteur”, une bonne école pour les débutants. 

Conclusion

Moto cohérente et saine, cette Kawasaki Z125 est parfaitement adaptée aux jeunes loups voulant se mettre le pied à l’étrier. La baby Z ne démérite pas et peut compter sur son look de grande pour faire oublier des prestations en léger retrait par rapport à la concurrence en provenance du Pays du Soleil-Levant mais aussi d’Europe!

 

Tarif: à partir de 4.599€.


 

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