Essai Mash Dirt 6.5: L’univers du Dirt à bon compte

Par Bernard Dorsimont. Article publié le 13/09/2019.

La gamme Mash s’enrichit avec l’apparition d’une nouvelle 650. Après seulement quelques années d’existence, le petit constructeur étoffe sa proposition et monte en cylindrée tout en gardant des tarifs toujours extrêmement attractifs.

 

La marque Mash est née en France, il y a seulement 7 ans, à l’initiative de Fred Fourgeaud, patron de la SIMA, une société d’importation de motos et d’accessoires. Cette même SIMA avait vu le jour en 1976 sous l’impulsion de Marcel Seurat dont les passionnés d’enduro se souviennent avec, notamment, la belle époque de Stéphane Peterhansel et Laurent Pidoux sur des Husqvarna.

Connaissant bien le marché et entendant profiter des nouveaux courants d’inspiration comme les Café Racer, Scrambler et autres machines Néo Rétro, Mash lance en 2012 la première Seventy Five 125cc que les constructeurs généralistes ne tardent pas à copier. La recette est simple, du moins sur le papier. La conception de la moto se fait en France tandis que la réalisation est confiée à des usines chinoises. Avec pour lignes de conduite un look à la mode, une mécanique simple mais efficace et, surtout, un prix très serré. La réactivité des asiatiques se montre, paraît-il, exemplaire et la qualité s’avère en amélioration constante. Une analyse fine et continue de la demande en Europe d’un côté, une exécution rapide et en constant progrès de l’autre côté du monde: voilà ce qui fait donc le succès de Mash aujourd’hui.

Depuis, vingt modèles différents se sont succédé, allant du 50cc à la 400cc et les Mash 125 occupent, depuis 2014, la première place des ventes 125cc à boîte sur le marché français. La 650 présentée aujourd’hui se voit revendiquée par Mash comme la première des motos inspirée du Flat Track et proposée en série. Cette discipline du Flat Track trouve son origine aux États-Unis et se déroule sur des pistes ovales en terre battue. Les pilotes y évoluent en permanence en dérapage, le pied gauche, protégé par une semelle en acier, glissant sur le sol. Visuellement, la première référence qui saute aux yeux est la plaque numéro caractéristique dans laquelle une optique, ni trop grande, ni trop petite, a été astucieusement intégrée.

Le très large guidon, les coloris vifs, la selle courte et surpiquée se terminant par un petit dosseret achèvent de donner une touche à la fois sympa et valorisante à cette nouvelle Mash 6.5. Le gros pneu avant de 120 contribue beaucoup, à lui tout seul, au caractère viril que la machine dégage malgré ses dimensions générales relativement réduites. Les roues sont en 18 pouces à l’avant comme à l’arrière et l’ensemble jantes/rayons se montre assez élégant.

En contraste, la ligne d’échappement est noire tout comme le bloc et on note le raffinement des attaches du petit garde-boue avant ainsi que le feu arrière parfaitement intégré, de même que les petits clignos en forme de goutte d’eau. La ligne est jolie et il n’y a pas de faute de goût sur cette machine. C’est simple mais bien agencé. Seul le long porte-plaque dénote un peu mais il doit probablement s’agir d’une des contraintes d’homologation et puis, il y a aura toujours moyen de bricoler un peu!

Origine Honda

Nous sommes dans une région de belles petites collines illuminées de soleil, non loin des trois frontières de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Allemagne, et il est temps de passer aux commandes. Aucune difficulté pour enjamber la moto dont la selle culmine à une hauteur très raisonnable de 780mm.

Le guidon est vraiment large et les extrémités reviennent assez fort vers l’arrière. Cela surprend un peu au début et engendre une position plus relax que sportive avec les poignets un peu cassés. Mais finalement, on s’y fait. Le monocylindre simple arbre s’ébroue sous le coup de démarreur et émet un son agréable, dosé comme il faut avec un petit côté agressif tout en gardant suffisamment de discrétion. Les commandes sont douces et on passe le premier des cinq rapports pour débuter la balade. Première impression concernant le moteur: il se montre très facile d’emploi et disponible à la demande, sur une large plage d’utilisation.

Ses 40ch ne vous font pas partir sur la roue arrière à chaque rotation de la poignée, c’est sûr, mais il y a malgré tout déjà de quoi s’amuser. Équipé de quatre soupapes, il s’apprécie plus dans ses mi-régimes bien fournis que plus haut dans les tours où il régule assez vite. Ce bloc, fabriqué par le groupe Shineray, est, en réalité, dérivé du moteur de la Honda 600 XR.

Détenteurs de la licence, les Chinois ont pu l’adapter et faire passer la cylindrée de 591cc à 644cc, alésage et course grimpant respectivement de 91mm à 100mm et de 80mm à 82mm. L’injection provient de chez Delphi et pour le refroidissement, un petit radiateur d’huile a été adjoint, en sus des traditionnelles ailettes. Au final, ce bouilleur est plaisant et fait le job, se voulant davantage tourné vers la promenade à bon petit rythme que sur la franche arsouille.

Point important: il ne donne pas de coup de piston quand on redescend bas dans les tours et fait preuve d’une bonne souplesse. La connexion avec la poignée de gaz n’est cependant pas parfaite et, outre le petit jeu au départ de la course, l’injection donne un très léger temps de réponse à l’ouverture des gaz.

Agile et légère

Pour ce qui concerne la partie-cycle, elle suit sans problème et les suspensions sont relativement confortables. Alors que j’avais craint pour mon séant vu la selle peu épaisse, je sens agréablement travailler les amortisseurs aux passages des compressions. La fourche n’appelle pas de remarque particulière tandis que les freins, vu le poids contenu de l’ensemble, travaillent très correctement. Il s’agit d’éléments chinois équipés de l’ABS et même si on ne les a pas poussés dans leurs derniers retranchements, il faut noter un progrès notable par rapport aux premières productions asiatiques en la matière.

En outre, cet ABS se révèle aussi déconnectable pour ceux qui veulent s’amuser un peu. De son côté, la boîte claque légèrement mais elle reste relativement précise. Sur le premier exemplaire essayé, il m’a, par contre, été impossible de trouver le point mort. Ce qui ne sera plus le cas sur une autre machine testée par la suite. Les pneus, à petits pavés, de marque Kenda, offrent un joli dessin. Le genre dont on se méfie cependant un peu au premier abord mais, là aussi, il n’y a pas de mauvaise surprise, en tenue de route comme au freinage.

Il faudrait confirmer ce qu’ils valent sur le mouillé mais dans le cadre de notre roulage, ils se sont avérés satisfaisants. Enfin, relativement courte d’empattement, la Mash 6.5 privilégie davantage les petits coins que les longues courbes en appui. Très maniable et relativement légère avec ses 163kg à sec, elle s’appréciera en milieu urbain ou sur les petites routes secondaires avec, à l’occasion, pourquoi pas, une petite escapade en tout-terrain facile.

Conclusion

Cette nouvelle 650 fait rentrer Mash dans la cour des grands et permet à la firme française de franchir une nouvelle étape en se démarquant de son image de petites cylindrées. Sa bouille sympa, ses couleurs chatoyantes, son look soigné et dans l’air du temps la rendent attractive et séduisante. Dotée d’une mécanique simple mais éprouvée, elle distille des sensations agréables au son de son petit mono davantage tourné vers la balade (de temps en temps un peu sportive) que vers les performances pures.

Si elle n’atteint pas encore les standards japonais, sa qualité de fabrication s’avère néanmoins très acceptable et, surtout, en progrès. D’autant que d’après les responsables de la marque, les retours en garantie restent, paraît-il, sous la moyenne du marché, chiffres à l’appui. Affichée au tarif très contenu de 5.899€, voilà une moto qui concilie plaisir et budget très raisonnable.

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Les up

- Rapport budget/plaisir

- Look très sympa

- Finition en progrès

Les down

- Point mort difficile à trouver

- Confort relatif

- Instrumentation sommaire

Prix de base: 5.899€

Consommation: NC

Disponibilité: immédiate

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