Essai Yamaha MT-125: une bourre sans stresser

Article publié le 19/02/2020.

Yamaha n’a rien laissé au hasard avec sa MT-125. Pas étonnant, car c’est tout de même le modèle d’accès pour goûter au «Dark Side of Japan» de la famille «Masters of Torque». Cette MT-125, c’est un peu la ceinture blanche en arts martiaux...

Depuis l’introduction de la gamme en 2013, Yamaha a écoulé 235.000 MT. Dont 43.000 rien qu’en 2019. Pas mal! La MT-07 s’offre la part du lion. Mais comme il faut bien commencer parfois en bas de l’échelle, la famille comprend aussi la MT-125 et la MT-03.

Même si Yamaha y va un peu fort en affirmant avoir réinventé le concept de la naked bike, la marque au diapason a su y apporter sa griffe. Avec la première génération de MT-125, apparue en 2014, Yamaha voulait avant tout proposer une 125 de qualité aux jeunes de 16 à 20 ans. C’est aussi pour cette raison que le modèle était produit dans l’usine MBK en France et pas en Asie. La marque n’a pas lésiné sur les efforts pour séduire les jeunes motards, offrant à cette MT-125 un vrai look de streetfighter et un robuste cadre Deltabox.

Depuis 2014, la concurrence n’est évidemment pas restée inactive. Surtout du côté de l’Autriche. Yamaha en remet donc une couche avec un design inédit, des performances rehaussées et un comportement digne de la famille MT.

LED

Au niveau du design, cette MT-125 tape directement dans l’œil. Si la précédente génération n’était jamais qu’une version dépouillée de la YZF-125, la nouvelle MT-125 reçoit un tout nouvel habillage plus en phase avec la philosophie MT. Chez Yamaha, on parle même dans son cas d’une «véritable» naked. Directement, le regard est attiré par le phare central à LED, flanqué de LED additionnels. D’expérience, on sait que les jeunes apprécient beaucoup ces diodes. Par le passé, on regardait en priorité le compteur pour savoir quel caractère une moto pouvait avoir. Aujourd’hui, le look des phares est au moins aussi important.

C’est vrai qu’avec un écran LCD digital, comme le tout nouveau qui équipe cette MT-125, on ne peut pas deviner la vitesse de pointe. Plutôt que de nous attarder sur ces phares à LED, nous préférons nous pencher sur l’étrier radial à l’avant, la fourche inversée de 41mm et le nouveau cadre Deltabox, qui nous rappelle d’excellents souvenirs avec les FZ, FZR et autres YZF. L’impression de qualité est omniprésente avec d’autres détails comme le contacteur ou les surpiqûres de la selle.

Distribution variable

Au niveau du moteur, il ne devrait pas y avoir énormément de surprises, la puissance étant de toute manière limitée à 15ch dans cette catégorie A1. Et pourtant… Yamaha veut faire honneur à la famille Masters of Torque en tirant de ce petit monocylindre à quatre soupapes refroidi par eau le couple le plus élevé possible. Et pour y parvenir, le constructeur fait appel à des soupapes d’admission variables, le genre de technologie que l’on a plus l’habitude de voir sur les gros cubes, où son coût de développement peut être plus facilement compensé par le prix de vente.

Ici, Yamaha a développé un système électronique qui permet d’augmenter la levée des soupapes d’admission à 7.400tr/min, garantissant ainsi selon Yamaha des performances en hausse. Cependant, le modèle précédent affichait à ce même régime de 8.000 tours un couple de 12,4Nm. La nouvelle MT-125 millésime 2019 délivre selon sa fiche technique un couple de… 11,5Nm. Bref, l’argument marketing est contredit par la fiche technique. Nous supposons donc que la finalité de ce système consiste davantage à réduire les émissions et la consommation, abaissée de 5%, plutôt que de rehausser les performances.

Mais à ce sujet, Yamaha ne veut pas trop en dire. Les ingénieurs se sont penchés aussi sur le bloc, réduisant les frictions internes. Avec une nouvelle injection et une chambre de combustion plus compacte, ce bloc se montre capable de prendre plus de tours. Et là, la fiche technique le confirme puisque la puissance maximale de 15ch autorisée dans cette catégorie est désormais atteinte à 10.000tr/min, soit 1.000 tours de plus que sa devancière. Grâce à cela, Yamaha a pu choisir une transmission un peu plus courte, ce qui profite évidemment aux accélérations. Le radiateur est également plus petit, disposant d’un bypass utilisé quand le bloc tourne à froid, ce qui permet d’accélérer la montée en température. Une très bonne chose pour les jeunes qui manquent de patience.

Échauffement

Le cadre est donc tout à fait nouveau. Ce joli cadre en acier Deltabox permet à la MT-125 de montrer ses muscles bien plus que les cadres tubulaires de la concurrence. Yamaha affirme proposer une répartition des masses idéale de 50/50. À l’arrière, le monoamortisseur KYB bénéficie d’une précontrainte réduite par rapport à la précédente génération. En effet, le pilote est installé plus vers l’avant et davantage redressé, ce qui réduit le poids sur la roue arrière.

Cette MT-125 dispose aussi d’un nouveau berceau et d’une hauteur de selle plus importante. En ordre de marche, elle affiche 140kg sur la balance. 140, c’est aussi la largeur du pneu arrière. C’est 10mm de plus qu’avant. Tout profit pour le look. Dès qu’on s’installe sur la selle, cette MT-125 apparaît plutôt haute et étroite. La position fait davantage penser à la MT-09 qu’à la MT-07. En effet, on est installé plutôt sur l’avant de la selle et avec le dos assez droit. L’angle formé par les jambes se montre correct et on trouve tout de suite ses repères.

Les leviers d’embrayage et de frein sont un peu trop hauts à notre goût, mais ça se corrige facilement. Évidemment, même si Yamaha a travaillé sur la sonorité, c’est un peu la déception quand le petit mono s’éveille puisqu’on avait failli oublier qu’on était sur une 125.

Les repose-pieds sont logés très bas et vers l’avant, ce qui donne un peu l’impression d’enfourcher une supermoto. L’embrayage se contrôle du seul index et les gaz réagissent à la moindre sollicitation. Heureusement, le moteur monte rapidement en température, car pour quitter l’hôtel, il faut gravir une sacrée côte. Qui est avalée sans difficulté par notre MT. Pratique, la boîte courte.

Mouchoir de poche

Pour aller chercher de la performance, il est conseillé de bien exploiter le régime moteur. Les accélérations ne seront jamais impressionnantes, mais elles s’avèrent largement suffisantes pour laisser sur place n’importe quelle voiture qui voudrait tenter un sprint le long de la digue à Torremolinos. Dans la circulation, la MT-125 se montre très à l’aise. Elle se faufile dans un mouchoir de poche, et d’autant plus facilement que la position de conduite permet de s’aider plus facilement du corps. En ville, elle est redoutable, se jouant des casse-vitesse.

À 110 sur les boulevards, on sent tout de suite qu’il ne faut pas trop se déhancher ou trier sur le guidon puisqu’elle se montre très réactive avec ses 140kg. Ses suspensions, avant comme à arrière, sont remarquables d’efficacité. Idem pour le frein avant, dont le mordant permet d’avoir un excellent ressenti. L’ABS se déclenche peut-être un peu trop vite à l’arrière, surtout pour entrer en glisse dans les épingles, mais c’est compréhensible sur une moto destinée aux débutants.

Quittant vite l’autoroute, nous pouvons accélérer le rythme sur une belle petite route de montagne. Le relatif manque de stabilité de la MT-125 est vite oublié. Sur ce genre de terrain, elle se montre très précise, ce qui ne l’empêche pas d’afficher un comportement qui met directement en confiance. Il faut constamment rechercher le bon rapport. Si elle n’est pas la meilleure du marché, la boîte s’acquitte correctement de sa tâche. Nous n’avons atteint le limiteur qu’une ou deux fois.

Sur le modèle précédent, nous nous rappelons avoir éprouvé davantage de difficultés à ce niveau. Les 1.000tr/min supplémentaires démontrent donc leur utilité. Au guidon de cette MT-125, nous retrouvons tout le plaisir de ce genre de 125. Surtout en groupe, quand chacun veut freiner plus tard que l’autre en ayant le nez sur l’écran LCD.

Conclusion

18 ans, c’est le bel âge. Surtout quand on peut faire de la moto. Et encore plus avec une machine comme cette Yamaha MT-125. Ce modèle 2020 affiche un look plus tendance et offre un plaisir de conduire à la hauteur des attentes. D’autant plus qu’elle ne fait aucune concession sur le plan de l’agilité ou du freinage.

Nous sommes impatients de la comparer à ses concurrentes directes. À son guidon, on peut franchement se tirer la bourre en groupe sans nécessairement stresser pendant deux semaines en allant relever chaque matin sa boîte aux lettres…

---

Les up

- Bouille sympa

- Partie-cycle de qualité

- Feeling

Les down

- Un brin nerveuse à haute vitesse

- Selle assez haute

- Le permis A1 peut aussi être confisqué

Prix de base: 4.899€

Consommation annoncée: 2,1l/100km

Disponibilité: immédiate

 

TEXTE: PIETER RYCKAERT

DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS