Essai Honda Forza 300: fiabilité japonaise et beauté italienne

Article publié le 14/09/2018.

Pour citer un grand philosophe qui est à la moto ce qu’Onfray est à l’holistique: «Le 300 était laid à mourir mais compensait par un confort plus généreux». Et c’est vrai qu’il commençait à dater, ce Forza 300 avec son design en rondeur, suranné d’une dizaine d’années au moins. Ce temps est révolu: la bête est belle, racée, impressionnante!

 

 

 

Chez Honda, on aime le trapèze (la forme, pas l’agrès de cirque) et on nous l’a rappelé lors de la présentation: l’avant et l’arrière du scooter sont effectivement les deux montants d’un quadrilatère trapézoïdal. Au-delà de cette géométrie toute théorique, remarquons l’avant vif mais sans agressivité, tout en élégance, aux feux LED remontants, et surmonté de cette bulle électrique.

Une poussée sur le bitoniot de la poignée gauche et comme sur les Gold Wing, excusez du peu, la bulle monte ou descend de 140mm au gré des envies du pilote et surtout du besoin de se protéger du vent à haute vitesse ou plutôt de profiter d’un air même surchauffé dans les embouteillages.

Une sculpture cinétique

À côté du bitoniot de la bulle, on trouvera les habituels commodos plus deux petits boutons intuitifs tout simplement dénommés «info A» et «info B». Ils permettent d’accéder à des infos digitales et rétroéclairées par LED au centre du nouveau et très beau tableau de bord analogique de type cinémomètre/tachymètre. Les informations disponibles relèveront de la consommation, d’odomètres partiels, du temps qu’il fait ou qui passe, de la charge de la batterie…

Étonnement, bien qu’ayant freiné sec pour enclencher l’ABS, je n’ai pas vu ce dernier s’indiquer sur le tableau de bord. Sous le guidon, le commutateur de démarrage, lui aussi rétroéclairé d’un fin liséré bleu, permettra de lancer le moteur, de bloquer le guidon ou d’opter pour l’ouverture de la trappe essence ou de la selle. Pas de clé mais une smart key qui,en plus de permettre l’ouverture des différents opercules et le démarrage, servira de sésame au coffre arrière optionnel.

Dès que le pilote s’éloignera d’environ trois mètres, tout se verrouillera (parfois trop bien puisque lors de l’essai, certains top-cases restèrent rétifs auxdemandes d’ouverture, espérons que parade aura été trouvée pour la commercialisation).

Latéralement, les rétroviseurs, supportant les clignots, au design soigné, ont été rapprochés de la machine depuis la dernière mouture du 125. La machine s’en trouve plus étroite, c’est bien,mais en fonction de la taille du pilote, de son envergure musculaire (on va dire ça), ces mêmesrétros pourront sembler trop justes pour offrir une bonne visibilité de l’arrière du véhicule.

Les lignes élancées continuent sur les flancs dans une étude de grâce. Avant le pot jouant entre noir mat et chrome, les ailettes de refroidissement viennent s’imbriquer avec uneharmonie tout en dissymétrie. Si je vous semble dithyrambique, c’est tout simplement parce qu’il m’est rarement arrivé de voir une telle réussite de design sur un scooter. La silhouette du Forza 300 a été complètement calquée sur le nouveau Forza 125, lui aussi une prouesse esthétique.

Évidemment, quand on sait que le look a été décidé sur base d’un concours interne à Honda et que c’est l’atelier italien qui a gagné, on comprend mieux les choses.

Détails, finitions et mouvements

Les finitions ont été poussées à un point tel que les ingénieurs et designers ont même pensé à ce que l’intérieur du vide-poche - côté gauche du guidon - soit teinté en gris clair pour qu’il soit plus aisé d’y retrouver ses jeunes. Un compartiment y est d’ailleurs prévu pour un GSM, accompagné d’une prise 12V.

Dans le rayon rangement, le repositionnement de la batterie et du radiateur a permis d’offrir un espace de rangement sous la selle capable d’accueillir deux intégraux plus, éventuellement, une combi pluie. Une languette permet de compartimenter l’espace de 53,5 litres! Si on opte pour le coffre de 45l disponible dans la même teinte que l’engin, le Forza 300 fait alors figure de véritable avion-cargo. Moteur lancé – son rauque et agréable d’une cylindrée confortable – le Forza 300 rassure en ville par sa maniabilité. Manette de gauche pour un freinage couplé et manette de droite pour piler sur le frein avant. La machine a reçu – encore une nouveauté – le système Honda Selectable Torque Control ; une première sur un scooter. Ce système intervient si les vitesses de rotation des deux roues diffèrent, signe d’une perte d’adhérence.

Le HSTC influencera alors l’injection pour récupérer le grip. Evidemment, l’ABS est présent à l’avant et à l’arrière. Sur autoroute, la machine est véloce et monte jusqu’à 130 (voire plus mais c’est illégal) sans aucun problème. Cependant, à haute vitesse, on ressentira un peu plus une suspension un tantinet rigide à l’arrière ou peut-être eût-il fallu la régler autrement puisque cela était possible (7 positions) ou peut-être encoreétais-je trop léger. Il semblerait cependant que ce soit le scooter seul qui ait subi une cure d’amaigrissement de 12kg par rapport à l’ancien modèle.

La selle a été surélevée de 64mm, l’empattement a perdu 35mm et la longueur totale de cette réussite technologique qu’est le nouveau Forza 300 a été diminuée de 26mm.

Conclusion

Car oui, c’est une réussite technologique. La machine n’est pas seulement belle, elle offre un confort de pilotage à toute épreuve. Elle permet également de partir serein grâce à sa capacité d’espaces de rangement, qu’il s’agisse d’une utilisation rationnelle et citadine ou plutôt ludique et «pérégrinatoire».

Les finitions sont à la hauteur des exigences habituelles chez Honda et la motorisation, soignée (cylindre désaxé pour réduire les frottements, refroidissement amélioré, montée en puissance rapide), est digne de l’horlogerie suisse.

 

Les up

- Design flatteur

- Rangement disponible

- Bulle électrique

Les down

- Tablier un peu juste

- Bras de rétro trop courts

- Pas de Iddle/Stop

 

Prix de base5.699

Consommation affichée: 3,22l/100km

Disponibilité: immédiate

 

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