Essai Yamaha Tricity Hiver : renard polaire !

Par Laurent Blairon. Article publié le 18/01/2017.

En pleine vague de gel, vivons le quotidien d’un scootériste hivernal, au guidon d’un engin très rusé.

Texte Laurent Blairon
Photos Geoffroy Libert

Faut-il être atteint de troubles mentaux pour oser se déplacer en scooter lorsque la météo annonce un gel généralisé? Pas le choix, nécessité pure ou passion dévorante pour la chose, il suffit pourtant de bien s’équiper pour ébranler les remparts de nos inquiétudes, ou plutôt choisir les mieux susceptibles de nous protéger du froid. Nous avions déjà expérimenté la mobilité motorisée légère en plein hiver par l’essai d’un Honda PCX l’an dernier, passons cette fois à un modèle à trois roues, encore mieux adapté aux revêtements glissants.

Crampons & lamelles

C’est un essai tombé pile entre Noël et Nouvel An ; donc, quelle «chance» de découvrir chaque matin un thermomètre extérieur figé entre -2°C et 0°C! Un temps à ne plus mettre même une BMW GS dehors. «Heureusement», nous disposions du traîneau approprié: le Yamaha Tricity 125, l’un des rares scooters à 3 roues vendus en Belgique et dont l’atout principal réside dans leur double train avant. Original, ce Tricity l’est un peu plus dans notre cas, puisqu’équipé de pneus IRC Urban Snow – de vraies gommes hiver (comme celles des scooters de la Poste), avec des crampons et des microlamelles partout – et d’un kit grand froid complet: grand pare-brise, manchons et tablier Tucano Urbano. Nous n’avions aucune excuse.

La pertinence des pneus hiver pour un deux-roues motorisé se révèle davantage lorsqu’il en possède trois. Le stress des premiers kilomètres nous couvre l’échine de sueurs froides mais au fil des kilomètres, ces enveloppes IRC nous détendent: motricité infaillible lors des démarrages (même sur le marquage routier savonné par la crasse et l’humidité), prises d’angle assurées et, surtout, freinage irréprochable sur un sol gelé (mais non verglacé). Par sa nature même, le Tricity contribue à leur efficacité: triple empreinte, poids contenu (156kg à sec) et un moteur 125cc de 11ch trop peu coupleux pour que la roue arrière s’emballe à l’accélération. Gare néanmoins à l’excès de confiance, car, si l’on s’expose moins au risque, le danger ne s’est pas évaporé et conserve la forme d’une plaque de verglas fraîche, par exemple. Sur un revêtement sec et lorsque le mercure remonte, les IRC à crampons lamellés résonnent et floutent parfois les trajectoires à haute vitesse, le tout restant relatif s’agissant d’un scooter pointant à un peu plus de 100km/h. L’idéal sera donc de penser à en changer une fois le beau temps bien installé mais rien ne vous y oblige.

Cape & moufles

Pour survivre à l’hiver, le scootériste doit éviter, au maximum, le contact frontal avec le vent polaire. La création des remparts commence par un grand et large pare-brise. Celui équipant notre modèle d’essai, un Kappa 2120DT, est 38,5cm plus haut que l’élément d’origine et possède des renflements latéraux plus importants, ce qui extrait tout le buste, une bonne partie de la tête de votre serviteur (1,87m) et les mains du flux pétrifiant. La panacée consiste ensuite à pourvoir les extrémités du guidon de manchons spécifiques Tucano Urbano ; ces moufles en néoprène s’adaptent idéalement aux commandes de votre scooter. Ne reste plus qu’à porter une simple paire de gants, pas trop épais, pour ne jamais souffrir des mains, même après 47 km d’utoroute à 0°C. Enfin, pour les jambes et les pieds, le tablier Tucano Urbano triple couche et pourvu de boudins gonflables latéraux pour le stabiliser vous installe dans la ouate. Prévoir tout de même un surpantalon ou des collants, car les remous canalisent l’air glacé par-dessous les cuisses. De même, le port de chaussettes hautes reste un bon conseil. Cela dit, grâce au tablier, les plus durs et virils peuvent se contenter de leur jean, ce qui les épargne de la séance de déshabillage/rhabillages qui plombe souvent les motards.

Conclusion

Comportement sûr d’une part et certitude de ne pas arriver à destination sous hypothermie de l’autre, plus qu’un deux-roues, un scooter à trois roues équipé comme notre modèle d’essai est sans doute la solution pour la pratique intelligente du scooter en hiver et en ville principalement. Cet engin rusé coûte environ 4.500€ (version ABS, nouveaux prix 2017 à confirmer), auxquels s’ajoutent les 240€ de pneus, 55€ de manchons, 148€ de pare-brise et 119€ de tablier. Autant d’accessoires disponibles auprès de la firme IP Store (ipstore.be).

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